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10 mars 2008

Visite en images du Palais de Justice de Chambéry

Le processus de construction du Palais de Justice de Chambéry commencé en 1848 s'est concrétisé le 27 mai 1850 par la pose de la première pierre en présence du roi Victor Emmanuel II qui scella dans une cavité creusée dans la "pierre fondamentale" une cassette en palissandre remplie de pièces d'or et d'argent, ainsi que de médailles frappées à son effigie et à celle du roi Charles Albert.


Les travaux vont durer près de dix ans les locaux étant occupés au fur et à mesure de leur achèvement. Partie de ceux-ci seront utilisés jusqu'en 1982 par des services administratifs extérieurs à la Justice.

Le 29 avril 1860 c'est dans ce nouveau bâtiment qu'est officiellement proclamé le résultat du plébiscite sur le Rattachement de la Savoie à la France.
Quelques mois plus tard, le 28 juin 1860, l'installation du Premier Procureur Général de la Cour Impériale Française tient lieu d'inauguration de ce bâtiment.
En effet, ni l'administration sarde qui en avait été l'initiatrice, ni le gouvernement de Napoléon III qui était étranger à l'opération n'ayant pu ou souhaité l'inaugurer officiellement.

Aujourd'hui le bâtiment abrite toutes les juridictions de l'arrondissement de Chambéry (cour d'appel, tribunal de grande instance, tribunal d'instance, tribunal de commerce, conseil de prud'hommes) ainsi que le service administratif régional.

La Cour d'Appel occupe principalement les ailes Sud et Est, tandis que les autres juridictions sont installées plutôt dans les ailes Nord et Ouest.

L'ampleur austère du bâtiment est bien visible de la place du palais de Justice réaménagée par la ville de Chambéry à la fin du XXème siècle.
La statue au premier plan figure Antoine FAVRE, membre de l'ancien Sénat de Savoie, elle a été érigée en 1865.

La façade du palais de justice

On pénètre dans le bâtiment par un large porche aux massives porte de bois donnant sur une cour intérieure.

Un porche identique situé de l'autre côté de la cour donne accès aux jardins du Verney.
A l'origine la cour intérieure avait été conçue comme un véritable patio ouvert tant sur la ville que sur le jardin public assurant un véritable passage public entre ces lieux.
Ce rôle a été réel jusqu'en 1960 où l'on décida de fermer le Palais en dehors des heures ouvrables. Aujourd'hui la porte donnant sur le jardin public est constamment fermée au public et la porte place du palais soumise à un contrôle de sécurité.

La cour intérieure

 

Un fois sous le porche l'on accède directement sur la gauche à la salle de la cour d'assises (salle J).
Sur la droite on pénètre dans la montée de l'escalier d'honneur.
Ce grand escalier ne dessert que le premier étage après un passage à un palier intermédiaire.

L'escalier d'honneur

 

La salle des pas perdus dans laquelle débouche le grand escalier donne accès à la salle des audiences solennelles de la cour d'appel (salle du Sénat de Savoie).
Elles est ornée de divers tableaux du XIX ème siècle et le mur de la salle des audiences solennelles est recouvert d'une fresque de Pierre MONTEZIN (1874-1946) commandée par l'Etat en 1939 et représentant d'inattendues scènes de fenaison illustrant "Le Travail et la Paix" et "La Justice et le Droit".

 

La salle des pas perdus

La salle des audiences solennelles qui mérite bien son nom de par son ampleur et sa froideur impressionnantes recèle des pièces historiques intéressantes.

La salle A vue du publicLa salle A vue de la tribune
La courLa barre face à la Cour

Derrière la tribune où prennent place les magistrats lors des audiences sont suspendues la masse d'argent dorée au Armes de Savoie surmontée de la Couronne Royale et les baguettes d'argent que portaient les huissiers lors des déplacements et processions du Sénat de Savoie.

Les masses

Sur le mur situé à droite en entrant est scellée une plaque de marbre rappelant la proclamation des résultats du plébiscite du 22 avril 1860 qui furent proclamés dans la salle solennelle le 29 avril 1860.

Les résultats du référendum de 1860

Faisant face à la plaque commémorative se trouve un tableau représentant l'empereur Napoléon III, offert par l'empereur lui-même à la Cour d'Appel.

Napoléon III

Dans la galerie longeant la salle solennelle divers tableaux sont exposés.
Le plus imposant est le "Saint François de Sales et les hérétiques" peint en 1863.

Saint François de Sales

Les liens entre la Cour d'Appel et Saint François de Sales ne s'arrêtent pas à la présence de cette toile.
En effet, la cour détient une pièce, rarement exposée au public: une chasuble brodée par les premières religieuses de la Visitation -dont la fille du Président Favre (dont la statue est sur la place)- à l'intention de Saint François de Sales, ami du jurisconsulte savoyard.
Cette chasuble en velours grenat a fait l'objet d'une restauration partielle en 1816 mais ses broderies d'or gardent depuis le XVII ème siècle un éclat étonnant.

La chasuble

 

Perpendiculairement à la galerie s'ouvre le salon Napoléon qui est le salon de réception de la cour d'appel et tire son nom du buste en marbre de Napoléon 1er qui est disposé au centre la cheminée.
Ce buste a été offert à la Cour Impériale le 24 août 1861.

Le salon Napoléon

A la suite du salon Napoléon se situe la salle d'audience Jean-JAcques Rousseau.
Enfin, à l'extrémité de cette aile, donnant sur les jardins du Verney se trouve la vaste bibliothèque de la Cour d'Appel -Bibliothèque Lamartine, où se tiennent également certaines audiences.

Bibliothèque de la cour

Les rédacteurs de cet article se sont appuyés pour sa rédaction sur l'ouvrage écrit en 1989 par Monsieur Jean-Olivier VIOUT, actuellement Procureur Général près la Cour d'Appel de Lyon, avec l'aimable autorisation de l'auteur.

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